Le papier peint intissé révolutionne les murs

Facilité de pose et de dépose, budget limité, motifs par milliers… Le papier peint multiplie les atouts

Si le papier peint vous évoque encore les ramages baroques des salons old school ou les fleurs années 70 épanouissant leurs pétales démesurés jusqu’au plafond des chambres, il va falloir revoir vos références. Le papier peint a beaucoup évolué depuis les années 2000 avec l’arrivée de l’intissé. Pose et dépose, variétés des textures, des motifs et des usages en ont été révolutionnés, au point de le faire revenir sur le devant de la scène déco. Et ce secteur ne cesse d’innover, sous l’impulsion de décorateurs renommés et des nouvelles technologies. Olivier Albert de Scenolia, président de l’A3P (Association pour la promotion du papier peint), a bien voulu décrypter pour nous les nouveaux atouts du papier peint, des révélations propres à nous faire sérieusement revoir notre perception de la décoration murale !

 Qu’est ce que le papier peint intissé ?
Ces nouveaux revêtements muraux sont un complexe de fibres de bois et de polyester compressées avec un liant. Les fibres textiles, longues et résistantes, rendent le papier très solide. Il ne se dilate plus ni ne se déchire comme son ancêtre, constitué uniquement de papier. Cette particularité explique qu’il n’est plus nécessaire de pré-encoller l’intissé sur une table de tapissier et d’attendre 10 minutes que le papier ne se dilate. Le mur est encollé directement et le lé de papier est posé à sec, d’où un gain de temps de pose estimé à 30 %.

Papermint Japan

Des motifs par milliers
Question motifs, l’intissé présente au moins autant de variétés que le papier peint traditionnel, de l’uni aux motifs les plus originaux en passant par les décors classiques. À noter que les nouvelles technologies, permettant aujourd’hui une dépose sélective de l’encre, ont engendré des papiers avec des effets mats et brillants ou, comme ici, avec des ajouts de peinture métallique.

Camille Hermand

Et le vinyle intissé ?
Variété particulière d’intissé, le vinyle présente quant à lui une surface étanche et lavable qui lui autorise même des usages en crédence, comme ici avec le modèle Mosaic de Bien Fait. « Ces papiers peuvent également présenter du relief. Le vinyle est marqué, un peu comme un gaufrage, par un cylindre sur lequel est gravée une empreinte », précise Olivier Albert. L’offre classique de papiers à motifs répétitifs en aplat a donc été enrichie par des dessins en 3D.

KOZIEL

L’imitation de divers matériaux (textile, cuir, bois, briques…), non plus seulement visuellement mais avec un rendu tactile, est devenue particulièrement tendance, tout comme le rendu 3D est également exploré sur les carrelages ou sur le stratifié actuellement. Cette bonne qualité de réalisation en relief a d’ailleurs inspiré un éditeur-créateur renommé, Christophe Koziel, qui a fait des papiers peints en trompe-l’œil sa spécialité. Ce modèle imite un puzzle géant avec une finition textile en relief.

Papermint

Quelles sont les dernières innovations ?
« Le secteur ne cesse d’innover grâce au numérique », insiste notre expert. En effet, il y a peu, tous les papiers peints étaient encore imprimés en
héliogravure ou flexographie, procédés qualitatifs d’impression semblables aux rotatives de la presse et permettant d’immenses séries. Aujourd’hui, la création et l’impression numériques permettent plusieurs avancées.

Rebel Walls

« La grande révolution est l’apport de motifs non répétitifs », insiste Olivier Albert. En effet, grâce au dessin assisté par ordinateur, à la numérisation ou encore à l’impression photo, il est devenu possible de créer des décors panoramiques constitués par une succession de lés, telle cette fresque Bellewood de Rebel Walls, ou encore de grandes mappemondes.

De l’impression numérique découle également la possibilité de faire des lés de plus grande largeur : « L’intissé ne se déchire pas, on peut donc proposer des lés d’un mètre de large par exemple et non plus standard (53 centimètres). Cela permet de faire moins de raccords sur les murs. »

Le papier peint

L’impression numérique permet également de réaliser des séries réduites à moindre coût par rapport l’héliogravure (qui requiert de graver des cylindres de cuivre). Et ce, pour le plus grand bonheur des créateurs, graphistes ou décorateurs, qui peuvent se lancer dans la microédition de papiers peints et proposer des décors originaux. On pense par exemple à la série de Jean-Paul Goude pour l’éditeur The Mark on the Wall (photo ci-dessus).

HC Interiors

Certaines maisons d’édition avant-gardistes, à l’instar de Scenolia, se lancent même dans le sur-mesure. Pour une personnalisation ultime, osez faire imprimer sur papier peint intissé l’une de vos photos, à la taille exacte de votre mur, comme ici cette guitare. « Pour un mur classique de 3 mètres de large sur 2,70 mètres de haut, il est important de fournir un visuel de très bonne qualité », insiste Olivier Albert. « Je vous recommande d’employer un Reflex professionnel affichant 16 millions de pixels, ou du bon matériel photo grand public 20 millions de pixels. »

Little Liberty

La pose est-elle réellement simplifiée ?

On nous a vanté une pose tellement simplifiée que nous n’avons pu résister à l’envie de l’essayer. Nous avons fait l’essai avec du vinyle à motifs briques, plus difficile que de l’uni puisqu’il impose un suivi des motifs. Et la preuve est faite : un néophyte peut aisément tapisser un mur en à peine une heure. La pose de l’intissé ne nécessite que de la colle, un rouleau laine antigoutte, une grande règle et une lame de cutter neuve. Le lé est posé sec sur le mur pré-encollé au rouleau, le marouflage et la découpe sont très aisés et la pose très propre : finies les traces de colle en bas du mur. « Les colles composées d’acrylique et d’eau employées pour l’intissé ne coulent pas. Si par hasard vous avez une trace au sol, nettoyez immédiatement avec un coup d’éponge », conseille Olivier Albert.

Pixcity

Si vous préférez la peinture, posez du papier peint !
Cette affirmation n’est pas si farfelue. En effet, la pose de peinture requiert une préparation du mur parfaite et une protection optimale de la pièce à grand renfort de bâche plastique et de ruban adhésif de peintre. Il faudra ensuite poser une sous-couche, peut-être encore deux autres couches de peinture pour un rendu parfait, sans parler de la difficulté des raccords. « Le papier peint intissé existe en plusieurs grammages de 120 à 180 g/m² », explique Olivier Albert. « S’il est épais, il couvrira tous les défauts du mur et vous gagnerez du temps. En prime, les colles ne dégagent pas de COV : le soir même, vous dormirez dans la chambre retapissée en intissé uni qui aura un rendu semblable à une peinture. »

Front Studio Architects

L’intissé n’est pas cher
Le prix moyen d’un intissé est de 30 €/m² le rouleau de 5 m² (53 cm x 10 m). « Le prix fait souvent la qualité. Pour un papier peint de bonne facture avec une bonne tenue, optez pour du 150 g ou 160 g/m² », recommande Olivier Albert. En GSB, il est de coutume de laisser un ciseau près des lés exposés afin que le client puisse se servir et faire l’essai chez lui. Les échantillons de peinture sont pour leur part souvent payants… De surcroît, la visualisation du rendu d’un papier peint est immédiate, sans temps de séchage. Et si vous avez trop acheté, le magasin remboursera les lés non ouverts, ce qui est impossible avec les pots de peinture entamés.

La dépose du papier peint est-elle toujours aussi pénible ?
Non, justement ! Si la pose du papier peint a été révolutionnée, sa dépose l’a été d’autant plus : « Vous saisissez le papier peint intissé par le bas, vous tirez sèchement et l’ensemble du lé s’arrache du mur. » Certains papiers peints vinyliques sont « strippables » : la couche vinylique s’arrache d’un coup et la sous-couche de papier s’ôte à la vapeur d’eau.

Astuce de pro : Si l’intissé fait de la résistance au mur, passez une éponge d’eau mélangée à un peu de colle à intissé sur vos papiers peints et ils s’ôteront très facilement.

Le papier peint

L’intissé bouleverse la personnalisation des murs
La facilité de pose et de dépose de cette matière et ses motifs à l’infini ont fait de l’intissé un nouvel incontournable de la décoration. « Il n’est plus le concurrent de la peinture, mais son partenaire idéal », affirme Olivier Albert. « On ne tapisse plus une pièce entière, mais un pan de mur seul pour cadrer un espace dans la pièce, lui ajouter de la personnalité. La dernière tendance est au lé unique. On le pose ou on l’enlève en un temps record, ce qui permet aux gens de changer leur décoration rapidement, au gré de leurs envies et à petit budget. »

Beauregard

Certains éditeurs ont bien saisi cette envie de décor express et sont allés encore plus loin dans la facilité de pose en proposant des lés pré-encollés. « Il n’est même plus besoin d’acheter un rouleau. Il suffit de vaporiser l’envers du lé, de le poser au mur et de le maroufler. Et en 5 minutes, vous avez changé votre décor », explique olivier Albert. Ci-dessus, le Mini Lé de Beauregard, une frise aux accents Art déco posée en guise de crédence.

Olivier Stadler Architecte

En conclusion, nous vous encourageons à essayer ce matériau qui n’a pas son pareil pour révolutionner les intérieurs rapidement et à petit prix. L’intissé s’est d’ailleurs déjà fait une belle réputation puisqu’il réalise aujourd’hui 70 % des ventes de papiers peints. Le papier peint numérique, très récent, vous coûtera plus cher, mais vous assurera un degré de personnalisation inédit. Dernière révélation de notre expert : « L’intissé est génial en rénovation sur murs à défauts. N’utilisez plus de toile de verre, car elle est extrêmement difficile à ôter. Prenez de l’intissé à peindre à fort grammage, car même peint, il s’ôtera simplement en l’arrachant. »

 

 

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